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Guide thématique

Addition et soustraction

Une alvéole a 6 côtés, et 6 + 4 = 10. Repérer les paires qui font 10, c’est mon raccourci préféré pour additionner !

Additionner, c’est réunir des quantités pour trouver le total, qu’on appelle la somme. Soustraire, c’est enlever une quantité à une autre, ou chercher l’écart entre deux nombres, qu’on appelle la différence. Ce sont les deux faces d’une même idée : si 7 + 5 = 12, alors 12 − 5 = 7. À l’école, elles s’apprennent ensemble, en suivant le même chemin : on manipule (cubes, bûchettes, doigts), on représente (dessin, droite graduée, schéma), puis on calcule, de tête ou en ligne d’abord, en posant l’opération en colonnes ensuite.

Ce que votre enfant apprend, classe par classe

Ce tableau suit les programmes en vigueur : ceux de la maternelle et du cycle 2, publiés en 2024, et celui du cycle 3, publié en 2025 et appliqué au CM2 depuis la rentrée 2026.

ClasseCe qu’on y apprend
Grande sectionComposer et décomposer les nombres jusqu’à 10, y compris avec les doigts, et dire ces décompositions : « quatre et quatre font huit ». Les doubles (« cinq et cinq font dix »). Surcompter à partir du plus grand nombre. De petits problèmes où l’on ajoute ou retire des objets.
CPLe sens de +, − et =. Les tables d’addition dans les deux sens (« 4 + … = 12 »). Passer la dizaine (47 + 8 = 47 + 3 + 5), ajouter 9 en faisant + 10 − 1. La soustraction, opération inverse de l’addition, jusqu’à 100 ; dans les problèmes, on casse une dizaine en dix unités avec le matériel à partir de la période 3. L’addition posée arrive en période 4 ou 5 (45 + 37). Pas encore de soustraction posée.
CE1Les nombres jusqu’à 1 000. L’addition posée jusqu’à trois chiffres (245 + 437). Une technique de soustraction posée, au plus tard en période 3 : par cassage ou par compensation, la même dans toute l’école jusqu’au CM2. Ajouter et retrancher de tête des dizaines et des centaines entières. Le schéma en barre.
CE2Les nombres jusqu’à 10 000. Les mots « terme », « somme » et « différence ». Les opérations posées jusqu’à 10 000, et avec des nombres à virgule dans les problèmes de monnaie (4,56 € + 15,30 € ; 74,56 € − 15,30 €).
CM1Les nombres jusqu’à 999 999 et les premiers nombres décimaux (dixièmes et centièmes). L’addition et la soustraction posées de nombres décimaux. Estimer avant de calculer. De tête : ajouter ou retrancher 8, 9, 18, 19, 28, 29, 38 ou 39. Des problèmes en une à trois étapes (au moins dix problèmes par semaine, toutes opérations confondues).
CM2Les nombres jusqu’à 999 999 999 et les décimaux jusqu’aux millièmes. De tête : ajouter deux décimaux à un chiffre après la virgule (3,7 + 4,5 = 8,2), ajouter ou retrancher 8, 9, 18, 19… jusqu’à 98 et 99. Des problèmes à plusieurs étapes.

Les grandes idées

1. Les compléments à 10 sont la base

Les compléments à 10 sont les paires de nombres qui font 10 : 6 + 4, 7 + 3, 8 + 2… Avec les tables d’addition (les sommes de deux nombres de 0 à 10), ce sont les faits numériques que les élèves doivent mémoriser : le résultat vient alors sans compter. Ils servent partout : si 6 + 4 = 10, alors 16 + 4 = 20 et 60 + 40 = 100. Dans beaucoup de classes de CP, chaque nombre a sa « maison », où l’on range ses décompositions.

Les programmes fixent des repères de rapidité, vérifiés en classe par de courts tests en temps limité : en fin d’année, 8 faits d’addition par minute au CP, 12 au CE1 et 15 au CE2. Notre guide compléments à 10 et tables d’addition propose des façons de les travailler sans stress.

2. L’addition et la soustraction vont de pair

La soustraction est l’opération inverse de l’addition. Le programme du CP donne cet exemple : 32 + 15 = 47, donc 47 − 32 = 15. D’un seul fait, on en tire quatre : 7 + 5 = 12, 5 + 7 = 12, 12 − 5 = 7 et 12 − 7 = 5. C’est aussi un bon moyen de vérifier un calcul : si 62 − 38 = 24, alors 24 + 38 doit redonner 62.

Dans une addition, l’ordre ne compte pas : 3 + 9 = 9 + 3, alors autant partir du plus grand et surcompter (« 9… 10, 11, 12 »). Dans une soustraction, l’ordre compte : 9 − 3 n’est pas 3 − 9.

3. Le calcul mental passe avant l’opération posée

Avant de poser une opération, les élèves apprennent à calculer de tête ou « en ligne », en notant les étapes sur l’ardoise. Le bon procédé dépend des nombres :

Du CP au CE2, ces procédés se travaillent lors de séances quotidiennes de calcul mental. Vous trouverez d’autres idées dans notre guide des stratégies de calcul mental et sur la page calcul mental.

4. La droite graduée rend les sauts visibles

38406062 +2+20+2
Pour calculer 62 − 38, on avance de 38 jusqu’à 62 : 2 + 20 + 2 = 24. Donc 62 − 38 = 24.

En classe, on parle de « demi-droite graduée ». Pour calculer, on en trace souvent une version simplifiée, où ne figurent que les nombres utiles : l’enfant voit ce qu’il fait. Pour soustraire, il peut reculer à partir du grand nombre (on enlève) ou avancer du petit jusqu’au grand (on cherche l’écart). Avancer est souvent plus rapide quand les nombres sont proches : 1 003 − 996, c’est 7 !

5. Le schéma en barre aide à choisir l’opération

Dans un problème, la vraie difficulté est souvent de savoir s’il faut additionner ou soustraire. Dès le CE1, les élèves apprennent à dessiner un schéma en barre : une barre pour le tout, découpée en parties. Par exemple : « Au marché, Jules achète 35 fruits : 18 pommes et des poires. Combien de poires a-t-il achetées ? »

35 fruits 18 pommes? poires
On connaît le tout (35) et une partie (18) : on cherche l’autre partie, donc on soustrait. 35 − 18 = 17.

Les problèmes de comparaison (« Lina a 15 billes de plus qu’Adam ») se dessinent avec deux barres, l’une sous l’autre. En classe, on suit quatre étapes : comprendre, modéliser, calculer, répondre, puis on vérifie que la réponse est plausible. Notre guide comment on enseigne les maths aujourd’hui détaille cette démarche.

6. L’addition posée et la retenue

L’addition posée en colonnes arrive à la fin du CP. La règle d’or : les unités sous les unités, les dizaines sous les dizaines, et ainsi de suite (beaucoup d’enfants écrivent c d u au-dessus des colonnes). On commence toujours par les unités, à droite.

Pour 357 + 268 : « 7 + 8 = 15, je pose 5 et je retiens 1. » Cette retenue, qui vaut une dizaine, s’écrit en petit en haut de la colonne des dizaines. « 1 + 5 + 6 = 12, je pose 2 et je retiens 1. » Puis, dans la colonne des centaines, « 1 + 3 + 2 = 6 ». Le résultat est 625.

7. La soustraction posée : deux techniques

Le programme cite deux techniques de soustraction posée. Chaque école en choisit une et la garde du CE1 au CM2, pour que les élèves ne changent pas de méthode en route. Prenons 532 − 217. Dans la colonne des unités, 2 − 7, « on ne peut pas ».

Par cassagePar compensation cducdu 2111 532 −217 532 −217 315315
532 − 217 = 315, par cassage à gauche, par compensation à droite. Vérification avec l’opération inverse : 315 + 217 = 532.
L’astuce d’Indie

Avant toute opération posée, demandez à votre enfant un ordre de grandeur. Pour 357 + 268, on arrondit à 360 + 270, soit environ 630 : 625 est plausible, 515 est trop petit. Pour la soustraction, demandez-lui de vous montrer la technique de sa classe, par cassage ou par compensation, plutôt que de lui apprendre la vôtre : deux techniques à la fois, c’est la confusion assurée.

Les erreurs fréquentes

Des jeux de cinq minutes à la maison

Le défi d’IndieIndie a récolté 245 gouttes de nectar le matin et 187 l’après-midi. Combien en a-t-elle récolté en tout ? Et combien de plus le matin que l’après-midi ? Voir la réponse

En tout : 245 + 187 = 432 (5 + 7 = 12, je pose 2 et je retiens 1 ; 1 + 4 + 8 = 13, je pose 3 et je retiens 1 ; 1 + 2 + 1 = 4). Combien de plus : 245 − 187 = 58. On peut avancer à partir de 187 : 13 pour aller à 200, puis 45 pour aller à 245, et 13 + 45 = 58. Vérification : 187 + 58 = 245.

Fiches gratuites d’addition et de soustraction

À imprimer pour s’entraîner à la maison ou en classe. Chaque fiche a son corrigé.

Aperçu de la fiche « Compléments à 10 »Compléments à 10Grande section, CP · Les paires de nombres qui font 10Télécharger le PDF
Aperçu de la fiche « Compléments à 20 »Compléments à 20CP, CE1 · Les paires de nombres qui font 20Télécharger le PDF
Aperçu de la fiche « Additions et soustractions jusqu’à 20 »Additions et soustractions jusqu’à 20CP, CE1 · Calculs mélangés jusqu’à 20Télécharger le PDF
Aperçu de la fiche « Additions posées »Additions poséesCE1, CE2 · Nombres à trois chiffres, avec retenuesTélécharger le PDF
Aperçu de la fiche « Soustractions posées »Soustractions poséesCE1, CE2 · Nombres à trois chiffres, par cassage ou par compensationTélécharger le PDF

Vos questions

Cassage ou compensation : quelle différence ?

Ce sont les deux techniques de soustraction posée citées par les programmes. Par cassage, on échange une dizaine du haut contre 10 unités. Par compensation, on ajoute 10 unités en haut et une dizaine en bas, ce qui ne change pas l’écart. Les deux sont justes ; l’école en garde une du CE1 au CM2, et l’enseignant vous dira laquelle.

En quelle classe apprend-on à poser une addition et une soustraction ?

L’addition posée arrive à la fin du CP (période 4 ou 5), avec des nombres d’un ou deux chiffres. La soustraction posée s’apprend au CE1, au plus tard en période 3. Ensuite viennent les nombres jusqu’à 10 000 au CE2, puis les décimaux au CM1 et au CM2.

Mon enfant compte sur ses doigts : est-ce un problème ?

Non, surtout au début : dès la maternelle, on s’en sert pour décomposer les nombres jusqu’à 10. Peu à peu, l’objectif est que les compléments à 10 et les doubles soient mémorisés plutôt que recomptés.

La calculatrice est-elle autorisée ?

Pas du CP au CE2 : au cycle 2, on calcule sans calculatrice, sauf pour certains élèves à besoins particuliers. Au CM1 et au CM2, les élèves n’ont pas de calculatrice personnelle ; l’enseignant peut en distribuer pour certaines activités.

S’entraîner avec Indie

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