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Guide thématique

Multiplication et division

Je suis un hexagone, j’ai donc 6 côtés. À trois abeilles hexagones, nous avons 3 × 6 = 18 côtés ! Multiplier, c’est additionner des groupes égaux, mais plus vite.

Multiplier, c’est additionner plusieurs fois le même nombre, mais plus vite : 3 × 4 (« trois fois quatre »), ce sont 3 groupes de 4, soit 4 + 4 + 4 = 12. Diviser, c’est l’opération inverse : on partage une quantité en parts égales, ou on la range en groupes égaux. 12 ÷ 3 = 4 se lit « douze divisé par trois égale quatre ». À l’école, les deux s’apprennent ensemble : d’abord en partageant et en faisant des doubles, puis avec les tables de multiplication, et enfin avec les opérations posées, jusqu’à la fameuse division « en potence ».

Une disposition en lignes et en colonnes : 3 lignes de 4 font 12. Le même dessin montre 3 × 4 = 12, 4 × 3 = 12, 12 ÷ 3 = 4 et 12 ÷ 4 = 3.

Ce que votre enfant apprend, classe par classe

Ce tableau suit les programmes actuels du cycle 1 (grande section), du cycle 2 (CP, CE1, CE2) et du cycle 3 (CM1, CM2).

ClasseCe que votre enfant apprend
Grande sectionLes doubles, avec les doigts des deux mains : « cinq et cinq font dix », « deux fois cinq font dix ». Des problèmes de partage équitable (avec parfois un reste) et de groupement, résolus avec des objets ou un dessin.
CPLe sens du mot « fois », par l’addition répétée : « trois fois vingt » s’écrit 20 + 20 + 20. Les doubles des nombres de 1 à 10 et de 20, 30, 40, 50, les moitiés des nombres pairs jusqu’à 20. Partage et groupement dans des problèmes. Pas encore de signe ×, ni de tables.
CE1Le signe ×, lu « fois ». L’ordre ne compte pas : 8 × 4 = 4 × 8. Toutes les tables de multiplication de 0 à 10, apprises petit à petit sur toute l’année, avec un objectif de 8 résultats par minute en fin d’année. La division reste un problème de partage ou de groupement, sans signe ÷.
CE2Les tables bien sues (12 résultats par minute en fin d’année). Les mots « facteur », « produit » et « multiple ». La multiplication posée, au plus tard en période 4 : un nombre de deux ou trois chiffres par un nombre d’un ou deux chiffres. Le signe ÷, et la division comme opération inverse : 7 × 13 = 91, donc 91 ÷ 7 = 13.
CM1Multiples et diviseurs, critères de divisibilité par 2, 5 et 10. La multiplication posée de deux entiers, et d’un décimal par un entier inférieur à 10. La division euclidienne posée en potence, avec un diviseur à un chiffre (quotient et reste). En calcul mental : × 10, × 100, × 1 000 pour les entiers, × 10 et ÷ 10 pour les décimaux.
CM2Les diviseurs des nombres jusqu’à 100, les diviseurs communs. La multiplication posée d’un décimal par un entier. La division décimale avec un diviseur à un chiffre : on continue après la virgule au lieu de s’arrêter au reste. En calcul mental : 30 × 400, ÷ 4 et ÷ 8 (on divise par 2 deux ou trois fois). La division par un nombre à deux chiffres n’est pas au programme du CM.

Les grandes idées

1. Multiplier, c’est répéter des groupes égaux, et l’ordre ne compte pas

Des objets rangés en lignes et en colonnes : c’est la représentation la plus parlante de tout ce thème. Le programme de CE1 prend l’exemple des rangées de salades dans un potager. Tournez le dessin ci-dessus d’un quart de tour : 3 lignes de 4 deviennent 4 lignes de 3, et il y a toujours 12 points. Donc 3 × 4 = 4 × 3. C’est la commutativité : chaque résultat appris en donne un deuxième. Les nombres qu’on multiplie s’appellent les facteurs, le résultat s’appelle le produit. À l’école, on encourage aussi à garder les unités dans le calcul : 7 × 20 biscuits = 140 biscuits.

2. Diviser, c’est partager ou faire des groupes

12 ÷ 3 peut se comprendre de deux façons, et les programmes distinguent bien les deux types de problèmes. Le partage équitable : on partage 12 bonbons entre 3 enfants, chacun en reçoit 4. Le groupement : on range 12 bonbons dans des sachets de 3, on remplit 4 sachets. Les deux donnent 4. Bien avant de connaître le signe ÷, votre enfant résout ces problèmes avec des jetons, des dessins ou un schéma en barre. Comme la division est l’opération inverse de la multiplication, le plus rapide pour trouver 56 ÷ 8 est de se demander : « 8 fois combien font 56 ? » Réponse : 7.

3. Les tables de multiplication, de 0 à 10

En France, les tables vont jusqu’à 10 × 10. Elles s’apprennent toutes en CE1, progressivement : le programme précise que leur apprentissage « s’étale sur l’année scolaire tout entière ». Il est donc normal que les dernières soient encore fragiles en juin. Le CE2 les consolide. En classe, de courts tests chronométrés mesurent la « fluence » : l’objectif est de donner 8 résultats par minute en fin de CE1, et 12 en fin de CE2. Notre guide pour apprendre les tables de multiplication donne des idées pour les travailler à la maison.

Dans beaucoup de classes, la table de Pythagore est affichée au mur : c’est ce grand tableau carré où l’on lit le produit au croisement d’une ligne et d’une colonne. On y voit d’un coup d’œil que la moitié du tableau répète l’autre, grâce à la commutativité. Et il y a moins à mémoriser qu’il n’y paraît, car les tables s’appuient les unes sur les autres :

L’astuce d’Indie

Cinq minutes de tables chaque jour valent mieux qu’une heure le dimanche. Choisissez deux ou trois résultats qui résistent à votre enfant, comme 7 × 8 = 56 et 6 × 8 = 48, et revenez-y souvent : en voiture, dans le bain, sur le chemin de l’école. Faites-lui dire aussi la division qui va avec (56 ÷ 8 = 7) : chaque résultat sert alors deux fois.

4. La multiplication posée (CE2)

Pour poser une multiplication, on écrit sous le premier nombre celui qui a le moins de chiffres, le signe × à gauche, puis on trace un trait. Pour 548 × 16, votre enfant calcule d’abord 548 × 6, en commençant par les unités : « 6 fois 8, 48, je pose 8 et je retiens 4 ; 6 fois 4, 24, plus 4, 28, je pose 8 et je retiens 2 ; 6 fois 5, 30, plus 2, 32 ». Première ligne : 3 288. Puis il multiplie par le 1 de 16, qui vaut 1 dizaine : il écrit d’abord un 0 dans la colonne des unités (certains enseignants mettent un point), car il multiplie par 10 et non par 1. Deuxième ligne : 5 480. Enfin, il additionne les deux lignes.

548 ×16 3288 +5480 8768 ← 548 × 6← 548 × 1 dizaine← produit
548 × 16 = 8 768. Le 0 en bleu rappelle qu’on multiplie par 1 dizaine : la deuxième ligne est décalée d’un rang vers la gauche.

Les retenues s’écrivent en petit, souvent au-dessus, et on les barre avant de passer à la ligne suivante. Avant de poser, on prend l’habitude d’estimer : 548 × 16, c’est un peu plus que 500 × 16 = 8 000. Un résultat de 3 836 ou de 87 680 doit donc faire tiquer.

5. La division posée en potence (CM1 et CM2)

La potence, c’est la façon de poser une division en France. Le dividende (le nombre à diviser) s’écrit à gauche. À sa droite, un trait vertical, et en haut à droite le diviseur, souligné d’un trait horizontal : les deux traits forment comme une potence. Le quotient s’écrit sous le diviseur, et les calculs intermédiaires sous le dividende. Pour 593 ÷ 4, votre enfant dit : « En 5, combien de fois 4 ? 1 fois. 1 fois 4, 4 ; 5 moins 4, 1. J’abaisse le 9 : en 19, combien de fois 4 ? 4 fois. 4 fois 4, 16 ; 19 moins 16, 3. J’abaisse le 3 : en 33, combien de fois 4 ? 8 fois. 8 fois 4, 32 ; 33 moins 32, 1. »

593 4 148 −4 19 −16 33 −32 1 ← diviseur← quotientreste →
593 ÷ 4 : le quotient est 148 et le reste est 1. Le 1 en rose est le reste, et il doit toujours être plus petit que le diviseur.

Pour vérifier, on utilise l’égalité qui accompagne la potence : dividende = (diviseur × quotient) + reste, avec un reste plus petit que le diviseur. Ici, (4 × 148) + 1 = 592 + 1 = 593 : c’est juste. Beaucoup d’enseignants demandent d’écrire chaque soustraction, comme sur le dessin ; d’autres laissent les élèves la faire de tête et n’écrire que le résultat. Renseignez-vous auprès de l’enseignant de votre enfant pour savoir ce qui est attendu, et lisez notre page sur la façon dont on enseigne les maths aujourd’hui.

En CM2 arrive la division décimale : au lieu de s’arrêter au reste, on continue. Reprenons 593 ÷ 4 : il restait 1 unité. Votre enfant écrit une virgule au quotient, puis abaisse un 0 : cette unité devient 10 dixièmes. En 10, combien de fois 4 ? 2 fois, reste 2. Il abaisse un autre 0 : en 20, combien de fois 4 ? 5 fois, reste 0. Donc 593 ÷ 4 = 148,25. Le dividende peut aussi être décimal : 7,5 ÷ 3 = 2,5.

Reste une question importante : dans un problème, que veut dire le reste ? Pour la sortie à la piscine, 30 élèves montent dans des minibus de 8 places : 30 = (8 × 3) + 6. Trois minibus ne suffisent pas, il en faut 4. À la papeterie, un cahier coûte 3 € et vous avez 10 € : vous pouvez en acheter 3, et l’euro qui reste ne suffit pas pour un quatrième cahier. Mais si 4 enfants se partagent 10 € d’argent de poche, la division décimale donne 10 ÷ 4 = 2,5, soit 2,50 € chacun. Trois divisions, trois façons de lire le résultat : c’est tout l’enjeu de la phrase réponse.

6. Multiples et diviseurs (CM1 et CM2)

Les multiples d’un nombre, ce sont les résultats de sa table, qui continue sans fin : les multiples de 6 sont 6, 12, 18, 24… Les diviseurs d’un nombre le divisent sans reste : ceux de 12 sont 1, 2, 3, 4, 6 et 12, et ils vont par paires (1 × 12, 2 × 6, 3 × 4). Au CM, les élèves apprennent trois critères de divisibilité : un nombre est divisible par 2 s’il se termine par 0, 2, 4, 6 ou 8 ; par 5 s’il se termine par 0 ou 5 ; par 10 s’il se termine par 0. En CM2, ils cherchent aussi des diviseurs communs : 12 et 18 ont pour diviseurs communs 1, 2, 3 et 6.

Les erreurs fréquentes

Des jeux de cinq minutes à la maison

Le défi d’IndieIndie a préparé 87 madeleines au miel et les range dans des boîtes de 6. Combien de boîtes peut-elle remplir complètement ? Et combien de boîtes lui faut-il pour ranger toutes les madeleines ? Voir la réponse

On pose 87 ÷ 6 en potence : en 8, combien de fois 6 ? 1 fois, reste 2. On abaisse le 7 : en 27, combien de fois 6 ? 4 fois (24), reste 3. Le quotient est 14 et le reste est 3. Vérification : (6 × 14) + 3 = 84 + 3 = 87. Indie peut donc remplir 14 boîtes, et il lui reste 3 madeleines. Pour toutes les ranger, il lui faut 15 boîtes, et la dernière n’en contient que 3.

Fiches gratuites de multiplication et de division

À imprimer pour s’entraîner à la maison ou en classe. Chaque fiche est accompagnée de son corrigé.

Aperçu de la fiche « Tables de 2, de 5 et de 10 »Tables de 2, de 5 et de 10CE1 · Calculs mélangésTélécharger le PDF
Aperçu de la fiche « Tables de 3, de 4 et de 8 »Tables de 3, de 4 et de 8CE1, CE2 · Calculs mélangésTélécharger le PDF
Aperçu de la fiche « La table de Pythagore »La table de PythagoreCE2, CM1 · Remplir la grille des tables de multiplicationTélécharger le PDF
Aperçu de la fiche « Diviser avec les tables »Diviser avec les tablesCE2, CM1 · Se servir des tables de multiplication pour diviserTélécharger le PDF
Aperçu de la fiche « Multiplications posées »Multiplications poséesCE2, CM1 · Un nombre à trois chiffres par un nombre à un chiffreTélécharger le PDF

Réponses rapides

Y a-t-il un test national sur les tables de multiplication ?

Non. C’est l’enseignant qui vérifie en classe, souvent avec de courts tests chronométrés. Les évaluations Repères de septembre comportent du calcul, mais elles servent à faire le point en début d’année : il n’y a rien à réviser. Tout est expliqué dans les évaluations en maths, expliquées.

Jusqu’à quelle table mon enfant doit-il aller ?

Jusqu’à la table de 10, soit tous les produits de 0 × 0 à 10 × 10. Ce qui compte ensuite, c’est de retrouver un résultat rapidement, dans le désordre, et de savoir s’en servir pour diviser : si 6 × 7 = 42, alors 42 ÷ 7 = 6.

Qu’est-ce que la division en potence ?

C’est la façon française de poser une division : le dividende à gauche, le diviseur en haut à droite, séparés par un trait vertical, et le quotient sous le diviseur, sous un trait horizontal. Elle arrive en CM1 avec un diviseur à un chiffre, et en CM2 on la prolonge après la virgule.

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Pour aller plus loin