Apprendre › Les tables de multiplication
Guide pour les parents et les enseignants
Apprendre les tables de multiplication
Savoir ses tables par cœur sert pendant toute l’école élémentaire, et bien au-delà. Un enfant qui sait que 7 × 8 = 56 (« sept fois huit, cinquante-six ») sans avoir à le recalculer garde toute son attention pour le reste : la multiplication posée, la division en potence, les fractions, ou ce problème de trois lignes qu’il faut bien comprendre. Les enseignants parlent d’automatismes : le résultat doit revenir presque instantanément, sans passer par les doigts.
Quelles tables, et en quelle classe ?
À l’école, les tables de multiplication vont de 0 à 10, c’est-à-dire tous les produits de 0 × 0 à 10 × 10. Les tables de 11 et de 12 ne sont pas au programme. Le programme du cycle 2 place leur apprentissage au CE1, et précise qu’il « s’étale sur l’année scolaire tout entière ». Voici comment les choses s’enchaînent :
| Classe | Ce que votre enfant apprend |
|---|---|
| CP | Pas encore de tables, ni de signe ×. Votre enfant découvre le sens du mot « fois » par l’addition répétée (« trois fois vingt », c’est 20 + 20 + 20), apprend les doubles des nombres de 1 à 10 et de 20, 30, 40, 50, et résout des problèmes de partage et de groupement. |
| CE1 | Le signe ×, lu « fois », et l’idée que l’ordre ne compte pas : 8 × 4 = 4 × 8. Toutes les tables de 0 à 10, petit à petit, de septembre à juin. Objectif en fin d’année : 8 résultats par minute lors des tests de fluence en classe. |
| CE2 | Les tables sont consolidées, en particulier celles qui étaient encore fragiles en juin. Objectif en fin d’année : 12 résultats par minute. Arrivent aussi les mots « facteur », « produit » et « multiple », la multiplication posée (au plus tard en période 4) et le signe ÷ : si 7 × 8 = 56, alors 56 ÷ 8 = 7. |
| CM1 et CM2 | On n’apprend plus les tables : on s’en sert partout, dans la division posée en potence (« en 17, combien de fois 3 ? 5 fois »), pour les multiples et les diviseurs, ou pour calculer le quart d’une quantité. |
En mars, votre enfant de CE1 ne sait pas encore sa table de 8 ? Pas d’inquiétude : comme les tables se répartissent sur toute l’année, il est normal que les dernières soient encore fragiles en juin. Le CE2 est là pour les consolider.
Pas de test national, mais des tests de fluence en classe
Il n’existe pas de test national sur les tables de multiplication. C’est l’enseignant qui suit les progrès. Le programme du cycle 2 demande des séances de calcul mental chaque jour et de courts tests en temps limité : on parle de « fluence en calcul ». Selon les classes, il peut s’agir d’une fiche de multiplications à compléter en temps limité, ou de questions posées à voix haute auxquelles chacun répond sur son ardoise.
Les évaluations Repères de septembre, du CP au CM2, contiennent elles aussi du calcul. Mais elles servent à faire le point en début d’année : rien à réviser, et aucune conséquence sur le passage dans la classe suivante. Tout est expliqué dans les évaluations en maths, expliquées.
Le programme demande d’ailleurs un entraînement régulier et serein, pour que ces exercices chronométrés ne deviennent pas une source de stress. À la maison aussi, la régularité compte plus que la vitesse.
Comprendre avant de réciter
Beaucoup de parents ont appris leurs tables en les récitant : « sept fois un, sept ; sept fois deux, quatorze… ». La récitation aide à retenir la suite, mais elle cache un piège : si, pour trouver 7 × 8, votre enfant doit repartir de « sept fois un » et dérouler toute la table, il ne la connaît pas encore vraiment. Le but est que chaque résultat revienne seul, dans n’importe quel ordre.
Avant de mémoriser, il est utile de comprendre ce que veut dire chaque multiplication. 4 × 3, « quatre fois trois », ce sont 4 groupes de 3 : 3 + 3 + 3 + 3 = 12. Une boîte de douze œufs, avec ses 2 rangées de 6, montre d’un coup d’œil que 2 × 6 = 12, et une tablette de chocolat se prête au même jeu. Et quand un résultat s’échappe, votre enfant peut le reconstruire à partir de ce qu’il sait : 7 × 6, c’est 5 × 6 plus 2 × 6, soit 30 + 12 = 42.
La table de Pythagore
Dans beaucoup de classes, elle est affichée au mur. La table de Pythagore rassemble toutes les tables dans un seul grand tableau : on cherche un nombre dans la première ligne, l’autre dans la première colonne, et le produit se lit à leur croisement.
Ce tableau apporte une bonne nouvelle : il y a beaucoup moins à retenir qu’on ne le croit. Les tables de 0, de 1 et de 10 se comprennent plus qu’elles ne s’apprennent (0 × 7 = 0, 1 × 7 = 7, 10 × 7 = 70). Restent les multiplications de 2 × 2 à 9 × 9, soit 64 cases. Mais comme l’ordre ne compte pas, 3 × 8 et 8 × 3 ne font qu’un : il n’y a que 36 multiplications différentes à retenir. Et si les tables de 2 et de 5 sont déjà sues, il n’en reste que 21. Sur une table de Pythagore vierge, coloriez avec votre enfant les cases déjà sues : voir le tableau se remplir motive beaucoup.
Les astuces qui allègent le travail
Les tables s’appuient les unes sur les autres. Une fois les doubles bien connus, une bonne partie du chemin est faite :
- La table de 2, ce sont les doubles, travaillés dès le CP : 2 × 7, c’est le double de 7, soit 14.
- La table de 4, c’est le double du double : pour 4 × 7, on double 7 (14), puis on double encore (28).
- La table de 8 : on double une fois de plus. 8 × 7, c’est le double de 28, soit 56.
- La table de 6, c’est le double de la table de 3 : 6 × 7, c’est le double de 3 × 7, donc le double de 21, soit 42.
- La table de 5 se termine toujours par 0 ou par 5, et c’est la moitié de la table de 10 : 5 × 8, c’est la moitié de 80, soit 40.
- La table de 9, c’est la table de 10 moins une fois le nombre : 9 × 7 = 70 − 7 = 63. Et la somme des chiffres de ses résultats fait toujours 9 (18, 27, 36, 45…).
La table de 9 sur les doigts. Posez les deux mains à plat devant vous, les dix doigts écartés. Pour 9 × 4, repliez le 4e doigt en partant de la gauche. Il reste 3 doigts à gauche du doigt replié (les dizaines) et 6 à sa droite (les unités) : 36. Cela marche de 9 × 1 à 9 × 10.
La table de 7, en dernier. Quand toutes les autres sont sues, il ne reste qu’une multiplication vraiment nouvelle dans la table de 7 : 7 × 7 = 49. Toutes les autres sont déjà connues dans l’autre sens (7 × 8 = 8 × 7). Et pour la plus redoutée, une petite formule aide : « 5, 6, 7, 8 », c’est-à-dire 56 = 7 × 8.
Cinq minutes par jour valent mieux qu’une heure le dimanche, et mieux vaut s’arrêter pendant que c’est encore agréable. Repérez les deux ou trois résultats qui résistent à votre enfant (souvent 6 × 7 = 42, 6 × 8 = 48, 7 × 8 = 56 ou 8 × 9 = 72) et revenez-y souvent : en voiture, en mettant la table, sur le chemin de l’école. À partir du CE2, faites-lui dire aussi la division qui va avec (72 ÷ 9 = 8) : chaque résultat sert alors deux fois.
Des jeux pour s’entraîner dans le désordre
Dans les calculs et les problèmes, les tables arrivent toujours dans le désordre. Ces jeux de quelques minutes les mélangent sans qu’on y pense :
- Le jeu du « bzzz ». Chacun son tour, on compte à voix haute ; à chaque multiple de la table choisie, on dit « bzzz ! » comme une abeille, au lieu du nombre. Avec la table de 4 : 1, 2, 3, bzzz, 5, 6, 7, bzzz… Dès que quelqu’un se trompe, on repart de 1.
- La bataille des multiplications. Avec un jeu de cartes sans les figures (l’as vaut 1), chacun retourne deux cartes et les multiplie. Le plus grand produit remporte les cartes : 7 × 8 = 56 bat 6 × 9 = 54.
- Le loto des produits. Dessinez des cartons de loto remplis de produits (12, 24, 35, 42, 56…). Vous annoncez « six fois sept », votre enfant cherche 42 sur son carton. Puis on inverse les rôles.
- Dans quelles tables suis-je ? Donnez un nombre : votre enfant cherche toutes les multiplications des tables qui le donnent. 24 se cache dans quatre tables : 3 × 8, 4 × 6, 6 × 4 et 8 × 3. Et 36 ? Dans 4 × 9, 6 × 6 et 9 × 4.
En classe, le procédé La Martinière s’y prête bien : chacun écrit le produit sur son ardoise et la lève au signal, et tout le monde répond, pas seulement les plus rapides. D’autres idées dans nos rituels de calcul mental et nos jeux de maths pour la classe.
Une grille en alvéoles
Dans les grilles de multiplication de Beequation, un des nombres de la grille est le produit de deux autres. Il faut essayer des paires et penser aux diviseurs, pas seulement aux résultats. Saurez-vous le trouver ?
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24, car 6 × 4 = 24.Et une plus difficile, avec les tables les plus redoutées :
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56, car 7 × 8 = 56. Le 40 est un piège : il n’y a ni 5 pour faire 5 × 8, ni 4 et 10 pour faire 4 × 10.Une astuce pour ces grilles : le nombre cherché est souvent l’un des plus grands. Essayez de le diviser par les plus petits, et regardez quelle division « tombe juste ».
Dans Beequation Kids, le Jardin des Tables propose des niveaux de plus en plus difficiles, sans chrono à battre, et Indie l’abeille donne un indice quand votre enfant bloque. Vous pouvez aussi jouer gratuitement dans le navigateur. Pour la classe, notre pack de casse-têtes gratuit contient une fiche de douze grilles en alvéoles sur les tables de 2 à 6, avec son corrigé, prête à photocopier.
Le défi d’IndieIndie remplit de miel les alvéoles de sa ruche. Le matin, elle remplit 7 rangées de 8 alvéoles. L’après-midi, elle remplit 6 rangées de 9 alvéoles. Combien d’alvéoles a-t-elle remplies dans la journée ? Voir la réponse
Le matin, elle remplit 7 × 8 = 56 alvéoles. L’après-midi, elle en remplit 6 × 9 = 54. Dans la journée : 56 + 54 = 110 alvéoles. Elle en a rempli 2 de plus le matin que l’après-midi.
Réponses rapides
Jusqu’à la table de 10, soit tous les produits de 0 × 0 à 10 × 10. Ces tables s’apprennent au CE1 et se consolident au CE2. Les tables de 11 et de 12 ne sont pas au programme de l’école élémentaire.
C’est très courant : cela veut dire qu’il déroule encore la table depuis le début. Posez-lui chaque jour quelques multiplications isolées, dans le désordre, en commençant par celles qu’on retrouve grâce aux autres (les doubles, la table de 5, la table de 10). Les jeux comme la bataille des multiplications font le reste.
Pas forcément. À la maison, la justesse passe avant la vitesse : la rapidité vient avec la régularité. Si le chrono amuse votre enfant, qu’il cherche à battre son propre record, jamais celui d’un frère ou d’un camarade. S’il le stresse, rangez-le. D’autres conseils dans aider votre enfant en maths à la maison et aider un enfant qui dit « je suis nul en maths ».
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